vendredi 22 juin 2012

Transgressions de l’islam au Vietnam


A force de chercher un islam qui ne serait pas expansioniste, ne souhaiterait pas asservir toute l'humanité, qui s'occuperait enfin de ses affaires dans son coin sans chercher à embrigader ou obliger quiconque, j'ai fini par trouver! Aussi incroyable que ça puisse paraître, les Cams bani du Viet-Nam pratiquent un islam bien à eux,  à l'opposé du dogme totalitariste qui est l'apanage habituel de cette secte. Malheureusement, ils ne sont pas à l'abri du'une reprise en main des orthodoxes de l'islam, des musulmans orthodoxes,  chams et immigrés indiens de Saïgon et du delta du Mékong, tentent de les ramener "dans le droit chemin", aidés en cela par des fonds étrangers. Hé oui, comme en Europe, les "étrangers" financent la construction de mosquées!

Voici donc "Transgressions de l’islam au Vietnam", par Agnès De Féo *, texte paru aux  
Cahiers de l'Orient n° 83 -  3ème trimestre 2006.





La loi musulmane chez les Chams bani n’est pas stricte. Les dignitaires religieux mettent de l’alcool dans une théière pour faire croire qu’ils boivent du thé. Mais c’est bien de l’alcool. »
Nguyen Van Ty, Cham bani (bani signifie fils du Prophète), décrit ainsi la pratique de sa religion. Cette particularité n’est que l’une des nombreuses transgressions à la norme islamique que réalise ce
petit groupe de quelques dizaines de milliers de musulmans. Localisés sur la côte sud-est du Vietnam, dans les provinces du Ninh Thuân et Binh Thuân, les Chams professent un islam marginal qui se
distingue par sa liberté d’interprétation des obligations religieuses telles qu’elles sont prônées dans l’islam majoritaire – qu’on appellera pour plus de commodité islam orthodoxe.


Qui sont les Chams bani ?

Les Chams sont aujourd’hui l’une des 53 ethnies minoritaires répertoriées officiellement au Vietnam. D’origine austronésienne, comme les populations d’Indonésie, de Malaisie et des Philippines,
ils appartiennent ethno-linguistiquement au monde malais.
Les Chams sont originaires du Champa, un ancien royaume apparu à la fin du deuxième siècle de notre ère et indianisé au VIIe siècle. Le Champa s’étendait sur toute la moitié sud du Vietnam actuel. En guerre à partir du XIe siècle avec son voisin septentrional, le royaume du Dai Viêt (futur Vietnam), l’histoire du Champa sera celle d’une réduction progressive de son territoire jusqu’à sa
dissolution complète en 1835. Les annexions de l’armée viêt, qui prend successivement le contrôle du royaume, connaissent un tournant dramatique en 1471 avec la chute de la capitale Vijaya.
Le pays continue néanmoins d’exister en effectuant plusieurs déplacements de sa capitale vers le sud. En 1835, le Champa disparaît comme État autonome. Mais pas les Chams. Ils peuplent aujourd’hui le sud des côtes de l’ancien Champa, réduit au territoire de l’ancienne principauté du Panduranga, correspondant aux régions des villes de Phan Rang, Phan Ri et Phan Thiet (provinces vietnamiennes du Ninh Thuân et Binh Thuân). Ils représentent moins de 100 000 personnes, réparties en 36 villages sur un territoire côtier d’à peine 200 km.


Divergence sur les rites

Pour apprécier les licences prises par les Chams bani dans leur pratique religieuse, nous poserons comme base de l’orthopraxie musulmane les cinq piliers de l’islam : la chahâda, la profession de  foi incluant le tawhîd (l’unicité de Dieu) ; la salât, la prière cinq fois par jour; la zakât, l’aumône légale aux pauvres ; le sawm, le jeûne du ramadan, et le hajj, le pèlerinage à La Mecque, comme autant d’obligations auxquelles le musulman orthodoxe ne peut déroger.
Rappelons que la pratique de ces obligations ne souffre aucune interprétation personnelle : l’heure des prières, leur exécution, les dates du ramadan ou le déroulement du hajj, tout est strictement codifié. Ces rites primordiaux s’accompagnent de rites secondaires comme la circoncision qui scelle l’adhésion du garçon à l’islam, ou le sacrifice du mouton pour la fête de l’Aïd. De plus, ces rites positifs, pour reprendre les mots de l’ethnologue Marcel Mauss, sont indissociables de « rites négatifs » comme l’interdiction de consommer du porc et de l’alcool, et les tabous liés à la promiscuité des sexes.
Ceux-ci donnent respectivement naissance au rite d’abattage de la viande halal et au rite vestimentaire qui impose aux femmes de couvrir leurs cheveux d’un hijab, désignant au sens métaphorique la séparation des sexes. Ces caractéristiques non exhaustives et très rapidement esquissées de la religion musulmane ont été fixées par les juristes (fqîh), qui ont élaboré la science du droit (f i q h) aux premiers siècles de l’islam. Elles constituent la voie majoritaire de l’islam dite sunnite divisée en quatre écoles juridiques (hanafite, malikite, chaféite et hanbalite). Les Chams bani, eux, n’appartiennent à aucune école, ils ont dépouillé la religion de ses exigences.
Alors que dans l’islam sunnite majoritaire, il n’existe pas de clergé, tous les fidèles étant sur un pied d’égalité, chez les Chams bani comme chez les chiites, la religion est dominée par une classe de
dignitaires religieux (acar) drapés de blanc, portant des turbans terminés par des franges rouges. Seuls les acar peuvent lire le Coran, recopié dans une langue arabe altérée. Sa divulgation en est même interdite car l’islam des Chams est basé sur le secret et réservé à l’élite des acar. Il s’éloigne ainsi du modèle majoritaire où chacun a le devoir de lire et de comprendre le Coran.
Des cinq obligations de l’islam, la chahâda est respectée en partie, comme le rappelle l’a c a r Tu Cong Dat : « En premier était Allah. L’humain descend d’Allah. » Cependant Mohammad son prophète
est divinisé et placé sur le même plan qu’Allah, auquel vient aussi s’ajouter Abraham dans une trinité contraire au tawhîd ( unicité divine). De plus, alors que l’islam interdit l’association avec d’autres
religions, les bani ont intégré l’influence d’autres cultures dans l’architecture décorative des mosquées bani, les t a n g k i, comme le symbole yin et yang issu du taoïsme, des dragons voisinant avec
Allah et Mohammad, ou la svastika bouddhique sur les chapeaux des a c a r.
La s a l â t cinq fois par jour, deuxième obligation, n’est jamais suivie : « On fait la prière une fois par mois, sinon on la fait cert a i n s vendredis », précise Tu Cong Dat, acar du village de Van Lam.
Les acar font la prière à la place des fidèles, et de manière peu conforme au modèle dominant : leur prière consiste en de rapides prosternations et génuflexions. Les fidèles, eux, n’exécutent la
prière que durant les nuits de ramadan en se prosternant de tout leur corps sur le sol, à l’image des bouddhistes tibétains.
Quant au ramadan, il n’est accompli que par les acar. Durant tout le mois, ils s’enferment, jeûnent et dorment dans le tangki. Exceptionnellement durant ce mois de l’année, ils exécutent les cinq
prières quotidiennes. Le peuple, lui, ne jeûne que trois jours. Comme pour la salât, les acar accomplissent le ramadan pour le compte des fidèles. Pourtant, l’islam est une religion communautaire où la participation de chacun à la pratique rituelle est impérative. Autre entorse, les acar rompent le jeûne alors que le soleil n’est pas encore couché, une heure avant le crépuscule. Pour donner l’illusion de manger dans le noir, ils ferment les portes et volets du tangki. Ils s’autorisent même une cigarette en attendant la fin du jeûne.
Des deux dernières obligations, la zakât est dite respectée, mais personne n’a jamais accompli le hajj, faute de moyens. D’autres pratiques telles que la circoncision enfreignent également la pratique
musulmane. La circoncision n’est que simulée chez les bani, l’officiant faisant le geste de couper le prépuce, comme le précise encore l’a c a r Tu Cong Dat : « La circoncision est une cérémonie
durant laquelle on utilise un couteau ou un bambou effilé. Mais on ne coupe pas, c’est juste symbolique».  Quant aux interdits alimentaires, ils ne sont suivis que de loin. Nguyen Van Ty, ancien
professeur de français résidant au village de Phuoc Nhon : « Les bani ne mangent jamais de porc chez eux, mais lorsqu’ils se trouvent dans un autre village, ils en mangent en cachette. » Ce laxisme
s’applique aussi à la consommation d’alcool comme le décrit l’a c a r Tu Cong Dat : « À l’extérieur, on peut prendre de l’alcool. Il n’y a pas de punition. Mais si quelqu’un est saoul, il ne peut participer
à une cérémonie. »
Il ne faudrait cependant pas accuser les Chams bani d’ignorer les fondements de l’islam. Ils possèdent une certaine connaissance de la c h a r i a, la loi sacrée des musulmans. Ils s’y réfèrent pour mieux
l’adapter. Les relations sexuelles avant le mariage, par exemple, sont interdites et sont punies de cent coups de rotin. Ces peines sont les premières revendications des pays musulmans appliquant la charia.
Mais ce châtiment est sensiblement allégé chez les Chams bani. Tu Cong Dat : « Les jeunes ayant eu des rapports sexuels avant leur mariage sont punis. Une fois qu’on s’est aperçu de l’absence de
virginité, on organise une cérémonie. Il est dit qu’ils doivent être battus, donc nous les battons. Mais pas avec le rotin, c’est avec le doigt que nous les battons », et cet acar exécute en souriant quelques
flexions de son index.
Quant à l’adultère, l’un des péchés les plus graves dans le droit musulman qui réclame la mort des deux amants, l’acar Tu Cong Dat se montre encore une fois bien conciliant : « Dans le cas où un
acar aurait des rapports avec une femme mariée, premièrement il est destitué, deuxièmement il faut faire une cérémonie pour laver ses péchés. Ensuite il peut réintégrer ses fonctions de religieux. »

Un islam au féminin

Le poids des femmes dans les cérémonies est aussi inhabituel. Dans cet islam, ce sont les femmes en majorité qui vont à la mosquée sans porter le voile. Les dignitaires sont certes des hommes mais
ce sont les femmes qui accomplissent le rite, donnent les offrandes et se prosternent. Dans les tangki, les fidèles masculins sont largement minoritaires, seuls les notables du village s’y rendent les soirs de
ramadan. Ceux-ci justifient ce déséquilibre du fait que les femmes sont les chefs de famille. Les Chams obéissent à la loi de la matrilinéarité.
Coutume fondée sur la lignée maternelle remontant à une ancêtre
 ommune, la matrilinéarité était autrefois répandue en Asie du Sud-Est, jusqu’à ce que l’introduction du bouddhisme et de l’islam impose le système patrilinéaire, faisant disparaître la matrilinéarité
remplacée par la matrilocalité (le couple vient habiter dans la famille de l’épouse) comme au Cambodge ou en Thaïlande. Chez les Chams du Vietnam, la matrilinéarité est restée intacte même
après l’introduction de l’islam.
L’héritage passe de mère en fille, les fils ne reçoivent rien. « La maison, l’héritage et les enfants appartiennent à la femme et à sa lignée. Ce n’est pas à l’homme », rappelle Nguyen Van Ty. Cette
coutume contredit le droit musulman selon lequel les garçons reçoivent le double de la fille dans l’héritage.
Chez les Chams bani, le nouveau marié part vivre dans sa bellefamille et travaille pour le clan de sa femme. Ba Thi Vinh, une vieille Chame du village de Van Lam, insiste : « Une fois le mariage
célébré, la famille du marié le donne à la famille de la mariée. Celle-ci a tous les pouvoirs. » Toujours en contradiction avec le droit musulman, le divorce se fait exclusivement en faveur des femmes
« Dans le divorce, les enfants ne sont jamais partagés, ils appartiennent toujours à la femme. Même si l’homme a construit la maison, il ne peut en revendiquer la propriété, surenchérit Nguyen Van Ty. C’est
pourquoi les hommes chez nous craignent de divorcer, car ils ont tout à y perdre. »
Dans un tel système, les filles sont davantage valorisées que les garçons, contrairement à la coutume vietnamienne qui privilégie toujours l’héritier mâle pour sa responsabilité dans le culte des
ancêtres. Ba Thi Vinh fait remarquer que « les femmes ont davantage que les hommes : elles ont les enfants et l’héritage. C’est pourquoi dans la coutume chame, on préfère avoir une fille plutôt qu’un
garçon ». L’acar Tu Cong Dat ajoute : « Les Chams préfèrent les filles. Elles sont le pilier de la maison. Les feuilles ne tombent jamais loin du tronc. Ce sont les filles qui rendent le culte aux ancêtres.»
De plus, contrairement au droit musulman où l’homme non musulman doit impérativement se convertir, l’homme bani suit la religion de sa femme en cas de mariage mixte.
Même morts, les Chams obéissent toujours au pouvoir de la lignée maternelle. Les cimetières bani sont constitués d’alignements de pierres tombales. Chaque alignement figure un matrilignage fondé par une ancêtre maternelle : la mère est enterrée avec ses enfants, suivis des enfants de ses filles, etc. Les hommes ne sont pas enterrés avec leurs enfants, mais dans la section funéraire de leur mère. Ils appartiennent au clan maternel et non à celui de leur épouse. Ils ne sont que de passage chez leur femme.

L’islamisation des Chams

On a longtemps cru que l’islam était apparu au Champa au XIe siècle. Le chercheur français Paul Ravaisse, dans un article paru en 1922, se référait à des estampages de stèles musulmanes qu’il avait
localisées au Champa sans avoir jamais retrouvé les originaux. Pendant des décennies, les historiens du Champa et de l’Asie du Sud-Est reprendront à leur compte cet article sans le soumettre à la
critique et concluront à l’islamisation précoce du Champa. En 2003, le chercheur Ludvik Kalus a démystifié la valeur de ces stèles. Sans bien connaître les circonstances exactes de l’islamisation du Champa, on peut aujourd’hui admettre qu’il s’est implanté dans le pays à la fin du XVIe siècle et s’y est répandu au XVIIe par contact avec les marchands arabes, persans, indiens, mais aussi chinois musulmans, qui faisaient escale dans les ports du Champa, ainsi que par l’immigration des Malais venus propager l’islam en même temps qu’ils commerçaient.
Cependant, les Chams ne sont pas restés passifs dans leur islamisation. Peuple de navigateurs, la conversion à l’islam a aussi été un choix actif des Chams pour se tailler une place dans le
commerce maritime régional. Cela explique que les autres peuples de l’ancien Champa, Édés, Jaraï, Raglaï, Cru, peuplant les terres intérieures sans accès au domaine maritime, ne se sont jamais
convertis à l’islam. Car l’islam était d’abord une affaire de commerçants des cités portuaires en relation avec les réseaux marchands.
Pourtant cette conversion n’a pas été exclusive. Beaucoup de Chams ont gardé leur religion d’origine, le brahmanisme (une forme primitive d’hindouisme métissée d’animisme local). Les Chams bani ne représentent qu’un tiers de la population chame.
L’introduction de l’islam ne s’est pas faite sans déstabilisation sociale. Selon les légendes, elle engendra une longue discorde entre brahmanistes et bani. Face à ces conflits religieux, la tradition rapporte que le roi cham Po Romé (1627-1651) aurait, pour les réconcilier, imposé à chacune des deux religions d’accepter les divinités de l’autre. Le règne de Po Romé fut très favorable aux musulmans
sans qu’il se convertisse lui-même. Il serait allé au Kelantan en Malaisie avant son couronnement pour apprendre la magie malaise et la nouvelle religion islamique. Il aurait ajouté Allah, rebaptisé
Po Alwah, au panthéon divin des brahmanistes, tandis que les Chams bani acceptaient les divinités des brahmanistes aux côtés d’Allah et de Mohammad. Aujourd’hui encore les prières à Allah et son prophète sont accompagnées d’invocations aux y a n g, génies locaux, comme ceux de la pluie, de la montagne et de la mer, le dieu des flots ou encore la déesse mère Po Nagar. Très importante, Po Nagar est vénérée par les bani qui la placent à l’égal d’Allah. Elle est même l’objet d’une adaptation au récit biblique. Pour l’acar Tu Cong Dat, « Po Nagar est la mère de tous les peuples du monde, pas seulement des Chams. Nous la vénérons comme Eve, la femme d’Adam ».
Cette division des Chams en bani et brahmanistes s’est accommodée d’un équilibre établi sur une relation binaire et complémentaire. Les brahmanistes correspondent au masculin, à la partie supérieure du corps, au ciel et au chiffre 3. Les bani correspondent au féminin, à la partie inférieure du corps, à la terre et au chiffre 6. Les brahmanistes sont incinérés, ils montent au ciel, royaume du père ; les bani sont enterrés, ils descendent sous la terre, royaume de la mère. Associés, ils forment l’univers entier, le couple primordial et le 9 (3+6), chiffre considéré comme parfait, symbole de paix et de stabilité.
Cette complémentarité, calquée sur la dualité sexuelle, se retrouve dans le costume blanc et rouge presque identique des dignitaires des deux religions. Le blanc symbolise la semence masculine, tandis
que le rouge représente le sang de la femme et sa fertilité.
À l’image des deux sexes, les deux religions s’interpénètrent. Elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre. Les Chams brahmanistes, par exemple, n’ont pas le droit d’égorger les animaux à quatre pattes,
ce sont les Chams bani qui le font pour eux. Tous les trois ans, les dignitaires bani et brahmanistes se réunissent pour discuter de la concordance des deux calendriers (solaire pour les brahmanistes,
lunaire pour les bani). Ils veillent ainsi à ce que la fête du Katê, la grande fête des brahmanistes, n’ait pas lieu durant le ramadan, afin que les représentants des deux religions assistent aux cérémonies de l’autre communauté. Les bani sont nombreux à venir au Katê.
Inversement, dans une relation de tolérance réciproque, les brahmanistes assistent aux fêtes des bani. L’acar Tu Cong Dat rappelle : « Les brahmanistes qui entrent dans la mosquée s’acquittent de la zakât
pour servir les fidèles pendant le ramadan. »

Résistance à l’islam orthodoxe


Cette relation idyllique de coexistence pacifique n’a pas dépassé le territoire restreint de l’ancien Panduranga, dernier bastion du Champa. Ailleurs les Chams de la diaspora, fuyant au Cambodge
et en Malaisie les incursions vietnamiennes, se sont convertis à l’islam orthodoxe chaféite (école juridique majoritaire en Asie du Sud-Est). Les Chams de l’immigration ont eu recours à la pratique
normative de l’islam pour retrouver une cohésion sociale menacée de dislocation hors du domaine de protection des yang. L’islam chaféite a introduit les Chams nouvellement convertis dans la sphère de la
langue malaise, devenue lingua franca de l’islam sud-est asiatique, mais aussi du commerce maritime dont le monopole était aux mains des musulmans. Ils ont ainsi rejoint ce monde malais auquel ils se
rattachaient culturellement. L’islamisation malaise les a également ouverts à un plus large espace social en les fédérant à toute la oumma, la communauté des croyants. Mais en échange, les Chams de la
diaspora ont perdu une grande part de leur culture dont la matrilinéarité.
Ils ignorent tout de l’histoire du Champa. En situation de déracinement culturel et identitaire, ils ont subi l’acculturation, En revanche, les Chams restés sur le territoire de l’ancien Champa, considéré comme la terre originelle des Chams avec ses yang protecteurs, ne furent que peu séduits par l’islam malais.
Dans les années 1960, l’islam orthodoxe (hôi giaoen vietnamien) fait une percée dans les villages bani. Des musulmans orthodoxes, chams et immigrés indiens de Saïgon et du delta du Mékong, tentent
de réformer leur pratique libertaire de l’islam. À l’aide de fonds étrangers, trois mosquées d’architecture typiquement musulmane sont construites dans trois villages bani de la province du Ninh
Thuân. Quelques bani se convertissent alors à l’islam chaféite. Les hommes adoptent le sarong à carreaux et la calotte blanche, les femmes le hijab et le costume de prière blanc qui les couvrent entièrement à l’exception des mains et du visage. Très vite cependant, des libertés sont prises devant ce conformisme limité à l’enceinte de la mosquée. Alors que la pratique musulmane impose une parfaite séparation des sexes, les femmes réalisent leurs ablutions devant les hommes osant exhiber leurs bras et leurs cheveux. Ce qui est impensable chez les musulmans de stricte observance. De plus, les tombes des nouveaux musulmans ne dérogent pas au système du matrilignage alors que l’islam veut que
chacun soit enterré à égalité sans hiérarchie ou distinction familiale.
Les convertis vont tenter de répandre la nouvelle religion dans leurs villages, mais ils vont se heurter aux bani irréductibles. Hajji Amin, imam de la mosquée orthodoxe de Van Lam, ancien Cham bani converti, déplore son impuissance à convaincre ses anciens coreligionnaires : « Nous avons plusieurs fois rencontré les patriarches bani pour leur rappeler leur devoir de faire les cinq prières quotidiennes, mais ils ne les font pas. De même il faudrait ouvrir la mosquée le vendredi car c’est le jour de la grande fête, mais ils ne l’ouvrent qu’une fois par mois. »
La pratique religieuse des Chams bani, sacrilège pour l’orthodoxie musulmane, est vécue par la communauté elle-même comme une supériorité sur les autres musulmans. Tu Cong Dat déclare ingénument : « On est beaucoup plus avancés que l’islam orthodoxe. On a plus de droits, on est plus libre. Mais c’est le même islam, on croit tous en Allah. » C’est pourquoi l’islam orthodoxe n’a eu qu’un impact limité sur les Chams bani, seuls 10% se seraient convertis. La raison principale de cet échec relatif s’impose d’évidence : la force du système matrilinéaire, clé de voûte de la société chame. Ce système contraint l’époux à suivre sa femme en cas de mariage mixte, limitant la propagation
de l’islam nouveau. Ainsi Kieu, Cham bani du village de Van Lam, raconte : « Je me suis converti à l’islam orthodoxe quand j’avais 18 ans, mais à mon mariage je suis redevenu cham bani. La coutume
consiste à suivre sa femme après le mariage, et donc aussi à suivresa religion. »
De fait, les Chams bani n’ont jamais été sensibles au retour de l’orthodoxie islamique initiée dès le XIXe siècle par les mouvements réformistes. Hajji Amin, pourtant musulman orthodoxe, rappelle le
primat de la culture sur la religion : « Nous sommes chams et nous plaçons notre identité chame au dessus de tout. Nous sommes des Chams qui suivent l’islam et non l’islam dans lequel on y mettrait
la culture chame. Nous restons chams par le système matrilinéaire et notre culture qu’il faut préserver.»
En conservant des assises sociales bien enracinées dans les croyances locales et la terre protectrice des ancêtres, territoire mythique du Champa, les Chams du Vietnam offrent une leçon de tolérance religieuse et de relativisme, un autre islam à méditer.


* Agnès De Féo est chercheuse associée à l’Irasec (Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine) sur le programme « Islam d’Asie ». Elle a réalisé un documentaire sur les Chams bani , « Un islam insolite» en 2006 (programmé sur Arte en 2007). 

mardi 12 juin 2012

Déchéance


Puisque depuis la visite de Ferhat Mehenni en Israël le problème est évoqué par les "autorités" âne-gériennes de le déchoir de sa nationalité [http://www.lematindz.net/news/8366-ferhat-mehenni-sera-t-il-dechu-de-sa-nationalite-algerienne.html] , cela induit qu'on en est en 2012 encore dans la logique de l'OLP de Yasser Arafat le terroriste. Israël, ces grands hypocrites se gardent bien de le dire, les gêne, les dérange, ils rêvent tous d'effacer le pays et le peuple de la surface de la terre. Alors que ces hypocrites font sournoisement commerce à tour de bras et en sous-main avec cet Etat qu'ils détestent pourtant plus que tout. Mais il n'en ont heureusement pas les moyens, la déroute infâmante  que connurent 100 millions d'entre eux face à 5 millions de Juifs en 1967 leur en a laissé un souvenir cuisant, ils ne sont pas près de recommencer de si tôt, cette débandade est encore inscrite dans leur chair et s'appelle "Guerre des Six Jours"!

Il est admis par tous ceux qui les connaissent bien que tous les pays arabo-muzzo-mafieux n'ont qu'un souhait: récupérer ce coin de désert que les vaillants Israëliens ont su transformer en paradis grâce à leur labeur, leur volonté et leur intelligence. Il est admis aussi que cette terre, durant notre période contemporaine,  vit dans la violence depuis 1920. 

  
Petit récapitulatif chronologique des actes de violence et de terrorisme perpétrés par les Palestiniens.

- Les émeutes de Jérusalem de 1920: appelées "émeutes de Nabi-Moussa" ou encore "pogrom de Jérusalem": la foule arabo-muzz déchaînée s'attaque aux Juifs, le bilan est de 10 morts et presque 250 blessés et deux femmes juives violées. Car avec les muzz, il est toujours question de viol, une seconde nature chez eux depuis que leur gourou a légalisé cette pratique.

- Les émeutes en Palestine mandataire de 1921: les Arabes attaquèrent les Juifs de Jaffa, bilan 47 Juifs et 48 Arabes tués, 146 Juifs et 73 Arabes blessés.

- Le massacre d'Hébron de 1929:  perpétré par des policiers et des civils arabes, armés de bâtons et de haches: bilan 67 Juifs tués, des dizaines de personnes y compris des femmes et des enfants blessés. Comme à leur habitude, les Arabes commettent plusieurs actes de viols, de mutilations et de tortures. "Les actes atroces commis par des groupes de criminels impitoyables et assoiffés de sang [...] meurtres perpétrés sur des membres sans défense de la population juive [...] accompagnés d'actes de sauvagerie innommables" déclarera Sir John Chancellor, le Haut commissaire du Mandat britannique pour la Palestine. La ville n'aura plus de population juive jusqu'à la Guerre des Six Jours de 1967.
 

- La révolte de 1936-1939: le bilan des morts s'élève à plus de 5 000 Arabes, 500 Juifs et 200 Britanniques. C'est là que le fumeux et sulfureux Hadj Amin al-Husseini, oncle de Yasser Arafat et qui deviendra par la suite grand mufti de Jerusalem et allié de Hitler, fuit au Liban, participa en 1941 à la révolte irakienne contre les Britanniques avant d'aller se réfugier en Italie puis en Allemagne nazie.

- Événements de 1947/1948 en Palestine mandataire: de décembre 1947 à avril 1948, violents affrontements entre Juifs et Arabes dans les villes mixtes de Palestine (Acre, Beisan, Haïfa, Jérusalem, Safed et Tibériade), ainsi qu'à Jaffa.
 

- De 1949 à 1968: l'Égypte entretient une guerrilla terroriste depuis les camps de réfugiés de la Bande de Gaza. Bilans: 400 civils israéliens tués et 900 blessés. Les Palestiniens mènent également des attaques depuis la Cisjordanie (annexée à l'époque à la Jordanie).

- 1964: création de l'OLP

- De 1968 à 1986, voir la revue PERSEE: "Chronologie des principaux attentats terroristes". http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1986_num_51_4_3626 ,
où l'on constae que la très grande majorité de tous les attentats commis dans le monde durant cette période sont le fait des terroristes de Yasser Arafat, Fayçal al-Husseini, Dahlan, Rajoub, tous de notoire terroristes, bien évidemment défendus par Leïla Chahid, leur porte-parole en Europe. Vous savez, c'est celle qui entre en convulsion dès qu'on prononce le nom d'Israël.

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- Depuis 1986, tout le monde a en mémoire les intifadas successives, les attentas suicides, les gamins-kamikases, les niqab sous lesquels on cache les ceinture d'explosifs, sans oublier les roquettes qassam balancées à l'aveugle depuis Gaza, sur les populations pacifiques des villages du sud d'Israël. Certains trouvent à nous dire que c'est de la légitime défense!!! Se faire éclater la panse au milieu d'une foule compacte, dans un bus, un restaurant ou dans n'importe quel lieu public, pourvu qu'il soit bondé de civils innocents, envoyer des bombinettes heureusement sans grande précision sur des civils, de la légitime défense: on aura tout vu et tout entendu! Et quand par malheur Israël riposte pour protéger ses enfants et ses vieillards, comme lors de l'opération Plomb durci, c'est le tollé général! Deux poids deux mesures!
Durant toues ces années, on assiste aussi à la création des groupuscules et partis djihadistes et extrémistes : Hamas, Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, Jihad islamique palestinien, Brigades Ezzedine El Kassame, Fatah-Tanzim, etc. Ainsi que le Fatah, qui ne trompe que les naïfs avec sa façade de parti fréquentable, il n'y a qu'à voir son logo guerier pour s'en convaincre. D'ailleurs Wikipédia ne s'y trompe pas, en le désignant comme un parti politique et militaire  [ http://fr.wikipedia.org/wiki/Fatah ] . Tout cela sous le regard bienveillant de l'Occident qui continue à deverser ses millions d'Euros pour que les enfants palestiniens puissent disposer de manuels scolaires vantant les mérites du djihad, la culture de la mort et la haine du Juif.

Selon Wikipédia:
- "Au 10 juillet 2005, 821 civils israéliens ont été tués, victimes d'actions terroristes palestiniennes (principalement des attentats-suicides), depuis les accords d'Oslo de 1993. Parmi ceux-là, 553 étaient à l'intérieur des lignes de l'armistice de 1949. Les lieux des attentats ont été des bus, des restaurants, des discothèques, des centres commerciaux, une université et des résidences de civils dans des colonies israéliennes de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza".
- "il y aurait eu, selon l'armée israélienne, des exemples d'utilisation par des groupes palestiniens d'enfants pour réaliser des attentats-suicides. Le 16 mars 2005, un garde-frontière israélien près de Naplouse a trouvé une bombe dans le cartable de Abdullah Quran, âgé de 12 ans. L'attentat a été évité uniquement parce que le détonateur placé dans un téléphone portable n'a pas fonctionné. Huit jours plus tard, le 24 mars, Hussam Abdo, âgé de 16 ans, a été arrêté alors qu'il portait une ceinture d'explosifs, après avoir, selon ses aveux, été payé par la branche des Tanzim du Fatah, pour se faire exploser au même point de passage que l'événement de la semaine précédente. C'est un robot téléguidé qui a été utilisé pour désactiver sa ceinture d'explosifs".


Donc implicitement, cette logique destructrice induit que le discours de tous les pays muzzo-arbo-mafieux sur l'éradication d'Israël sont encore et plus que jamais d'actualité. Cette logique qui s'exerça aussi très loin du centre du conflit, comme les actes innomables visant en Europe les civils européens ou les sportifs participant aux Jeux Olympiques, ces prises d'otages, etc.
Malgré Camp David en 1978, malgré la Conférence de Madrid en 1991 et malgré les accords d'Oslo. Malgré aussi le Prix Nobel de la Paix usurpé par Sadate en 1978 et par Arafat en 1994 .

Ce qui induit aussi que les accords de camp David ont été signés par les arabo-muz sous la contrainte de Jimmy Carter qui les a pris par la peau du c... et les a obligé à signer. Que ceux d'Oslo l'ont été parce que Bill Clinton fit savoir à Arafat que dorénavant il n'avait plus interêt à bouger le moindre petit doigt s'il ne voulait pas se prendre une grande baffe de saxophoniste dans la gu.... (oui, je sais, mais je ne suis ni journaliste ni historien, du coup je ne suis tenu ni à la déontologie de l'un, ni à la rigueur de l'autre!).


Ma conclusion? Nous sommes toujours dans la logique de l'OLP, dont le but final était l'éradication d'Israël et de ses habitants juifs. La seule différence entre hier et aujourd'hui, c'est que la sournoiserie, la fourberie et la taquiya sont plus présents que jamais, dans les actes et dans le discours de tous les dirigeants des pays arabo-mafio-muzz! Donc, il ne faut JAMAIS faire confiance à un muzz.

CQFD, et vive Israël, culture de la Vie, contre toutes les cultures de la Mort.

vendredi 11 mai 2012

Lendemains d'élection qui risquent de déchanter.

Deux jours de suite, mon compte Facebook a subi 2 attaques, appelées "hameçonnages", qui ont failli me faire perdre définitivement l'accès à ce compte. Je pense qu'il doit y avoir plusieurs raisons, mais que la principale est la publication de ce texte où je dénonce, sous le coup de la colère et pas toujours en termes policés, les dérives  d'une certaine "belle jeunesse" de notre pays. Voici le texte en question:



Devant le déferlement de cette vermine banlieusarde, pas une voix ni à gauche, ni surtout chez les musulmans pour leur dire:

Assez, ras le bol de votre connerie, de votre ignorance crasse, de votre fierté mal placée, de votre arrogance ! Ras le bol de votre débilité profonde, de votre quotient intellectuel proche de celui de la méduse, de votre inculture. Ras le bol de ces exhibitions de drapeaux des pays qui ne veulent pas de vous, qui n’ont jamais eu aucune considération pour vous, ni pour vas parents ou grands-parents, des pays qui n'ont pas été foutus de donner leur subsistance à vos parents ou grands-parents eux qui n’ont eu d'autre choix que de fuir la famine, la dictature et l’injustice de LEURS pays, et qui ont été bien content que la France les accueille, en vertu de ses valeurs 2 fois millénaires. Et au lieu d'avoir au moins la reconnaissance du ventre, ces parents et grands-parents n'ont rien donné d'autres comme valeurs à leurs débiles de rejetons que la haine de l'Occident, l’absence de toute valeur morale, la culture de la haine de l’autre et la fanfaronnade! Mettons ça sur le compte de l’illettrisme et de l’ignorance, vos parents et grands-parents sont majoritairement issus de couches sociales défavorisées, comme on dit, et n’ont pas tous eu la chance d’aller à l’école. Mais vous, descendants de ces minables incultes qui n’ont su vous transmettre aucune des vraies valeurs de la vie, vous qui êtes nés sur le sol français, vous qui êtes néanmoins Français malgré vous, qu’avez-vous retenu des toutes ces années passées sur les bancs des écoles républicaines ? Les connaissances dispensées ne vous ont pas atteints ? Si vous aviez un tant soit peu de jugeote, vous vous poseriez cette simple question : pourquoi toutes les nationalités et toutes les communautés présentes en France (et elles sont toutes représentées en France !) ne posent aucun problème ? Si vous aviez un tant soit peu de jugeote, la haine que vous avez contre ce pays qui n’est peut-être pour vous que la gamelle à laquelle vous venez bouffer quand vous avez faim, cette haine vous la sortiriez contre les pays de vos ancêtres qui n'ont pas su faire de vos parents et grands-parents des citoyens normaux et dignes. Au lieu d'exhiber leurs drapeaux, vous vous poseriez la question de savoir quelle vie vous auriez eu si vos parents ou grands-parents n'avaient pas eu la chance de les fuir!

C’est le discours que j’aurai aimé entendre de la part des musulmans de France, au moins de la part d’un seul d’entre eux. Mais bon, il faut revenir à la réalité, je rêvais éveillé. Car même cet imam en qui j’avais confiance en entendant ses beaux discours n’est pas sorti de sa mosquée de Drancy pour ne serait-ce que nous servir la Taquiya dont ils ont l’habitude. Après tout, tout cela est parfaitement normal et a le mérite de clarifier la situation.

vendredi 13 avril 2012

Souvenirs ...

1er jour : Arrivée à Caracas, puis Caracas – Lima, par la Cie Star Peru. Lima, Petite balade en ville, où trône la statue de … Francisco Pizzaro !

2ème jour : liaison Lima / Cusco par la Cie Taca Peru, visite de Cusco : place San Blas, rue Hatun Rumiyoc (La Pierre aux 12 angles), La Plaza de Armas dénommée Huacaypata (Place du Guerrier) au temps des Incas, l'église de la Compagnie de Jésus, montée vers la citadelle-forteresse de Saqsayhuaman. Retour à San Blas, « le Quartier des artisans ». Nuit à l’hôtel Tupac Amaru. De ma chambre, je domine tout Cusco : le Nombril du Monde, rien que ça !

3ème jour : visite de Cusco. D’abord, la Cathédrale, entre-aperçue la veille : une façade renaissance très riche de granit rouge, rien comparé à ce qui nous attend à l’intérieur ! Le triomphe du baroque, l’apogée du plataresque ! Des pièces d’orfèvrerie parmi les plus importantes de l’art colonial péruvien, des peintures de la fameuse école de Cusco, des retables d’une extrême finesse, des autels en bois très finement ciselés. Une merveille. Deux petites chapelles auxiliaires, dont l’une, Iglesia del Triunfo, fut en réalité la première cathédrale de Cusco. La seule nuance (mais de taille !) à toutes ces merveilles a été d’apprendre qu’elles furent réalisées sur l’ancien Palais de l’Inca, l’Empereur Wiracocha. La visite se poursuit par l’Eglise de la Compania, un exemple de baroque colonial sud-américain, puis par le Couvent de la Merced, très beau cloître renaissance-baroque, des belles stalles, de nombreuses sculptures, toujours le style plataresque, un ostensoir en or et pierres précieuses de 1,4 m pesant 22 kg. Déjeuner dans un petit resto place San Blas, tenu par un … Français. Beaucoup d’Européens, à Cusco, surtout des Suisses, des Allemands et des Français. La plupart ont découvert le pays en touristes et en sont tombés amoureux, ils ont rompu leurs attaches avec la Vieille Europe pour s’installer ici. Comme je les comprend !!! L’après-midi se poursuit tranquillement par la visite de Koricancha, « site de l’or », consacré au culte du Soleil. Ses murs étaient recouverts de feuilles d’or. Détruit par les sbires de Pizzare, ses soubassements ont servi à l’édification du couvent Santo Domingo. Retour au quartier San Blas et à l’hôtel. De tout le groupe, je suis le SEUL qui ressent encore les effets du « soroche », le mal d’altitude. Pour amoindrir cette gêne, la patronne de l’hôtel a donné des consignes : tous les matins, on me prépare une bouteille thermos pleine d’infusion de feuilles de coca. Un exemple parmi des milliers de la sollicitude des Quetchuas envers leurs hôtes, j’ai rarement vu un peuple d’une telle gentillesse, d’un tel désintéressement  et d’une telle sensibilité.

4ème jour : Maras et ses fameuses salines d’où on a une belle vue en contrebas sur la Valle Sacrado, la Vallée Sacrée des Incas. Puis, direction Moray et le laboratoire agricole inca. Retour à l’hôtel Amaru et au quartier San Blas.

5ème jour : Ollantaytambo et sa forteresse faite de gigantesques blocs de porphyre rouge assemblés avec une telle précision qu’on ne peut y faire pénétrer une lame de couteau. Encore de très belles vues sur la Vallée Sacrée. En contrebas de la forteresse, le village très coloré et sa fontaine, le « Bain de la Princesse ». Ensuite, direction Chinchero, son marché et sa magnifique petite église, visite chez l’habitant. Les métiers à tisser quetchuas sont exactement comme ceux q’utilisait ma grand-mère au fin fond de la Kabylie ! Retour à Cusco.

6ème jour : Pisac, son marché aussi coloré que celui de Chinchero, en plus grand, ses terrasses de culture. Belles vues sur la Valle Sacrado. Visite des ruines, réparties en 4 groupes : l’Intihuatana, le Pisaqa, le Qallaqasa et le Qinchiracay. Journée chargée : retour à Cusco puis départ vers Aguas Calientès dans la soirée, par le train le plus lent et le plus cher du monde, le train bleu de Péru Rail.  La sortie de Cusco est si raide qu’il doit faire des zig-zag pour gravir la pente, ce qui constitue une autres des innombrables curiosités que recèle ce pays hors du commun. Soirée très animée au restaurant où se produit le groupe Allpa Machupicchu . On finit la soirée très, très tard ! Avec tout le groupe (9) et notre guide Julio César, avec le patron, sa femme et la serveuse, à siroter et manger des produits français que j’avais emmené avec moi :  une bouteille de Pinot des Charentes, des calissons, du nougat et des palets bretons. Inoubliable. Chants et danses de tous les pays, dans un mélange de langues indescriptible : des chants en italien, espagnol, français, quetchua, anglais… ensuite, chacun a voulu s’essayer à la flûte de pan, avec des résultats proches de la catastrophe. Nuit (très courte) à l’hôtel Sumaq Machu Picchu.

7ème jour, très tôt, direction le Machu Picchu, la Montagne Vieille. Montée en minibus, arrivée au sanctuaire sous le brouillard qui va vite se dissiper pour laisser une vue splendide sur le site le plus célèbre du Pérou. Visite du site qui dure presque toute la matinée, puis quartier libre. Retarder la descente vers Aguas Calientès et profiter au maximum : montée d’abord vers l’Intipuntu, la Porte du Soleil, unique accès du temps de l’Inca. Puis, retour au site pour une grimpette très difficile (on vous fait signer une décharge de responsabilité !) vers le Wayna Picchu (la Montagne Jeune). Il faut se résoudre, descente vers Aguas Calientès où ceux qui ont encore la force peuvent aller se baigner à la source située en périphérie du village (encore une petite grimpette assez raide !) d’où sortent des eaux chaudes sulfureuses et boueuses. Très relaxant.

8ème jour : visite du petit village de Andahuaylillas, sa grande Plazza de Armas où trône un gigantesque pisonay recouvert de ses belles fleurs rouges. Chaque ville, chaque village du Pérou possède sa Plaza de Armas, c’est une constante inévitable ! Visite d’un petit musée où l’on découvre entre autres diverses variétés de maïs, les crânes allongés, pratique très courante qui consistait à enserrer les crânes des enfants ou des nouveau-nés pour leur donner cette forme, les restes d’une momie, les techniques d’irrigation, … Visite d’une des plus belles petites églises du Pérou (du monde ?), San Pedro de Andahuaylillas, surnommée à juste titre « la Petite Chapelle Sixtine des Andes » et où l’école cusquéienne donne toute l’étendue de son savoir-faire et de sa maîtrise, peut-être plus que ce qu’on peut en voir dans la cathédrale de Cusco qui ne manque pourtant pas de richesses. L’intérieur est tout simplement indescriptible, pas un seul millimètre-carré n’échappe à cette profusion de décors, de peintures, de sculptures, dans une dominante dorée. Ensuite, visite de Pikillacta, vestiges de ce qui fut l’apogée de la culture Wari, un grand centre urbain construit sur une colline qui domine la très belle Laguna de Lucre.

9ème jour : départ en autocar, direction Puno et le Titicaca, en passant par Raqchi et le temple de Viracocha, le col de la Raya, une autre Histoire et une autre aventure.


Tout ça pour vous inciter à aller y faire un tour, mais surtout pour vous dire que j’en ai gros sur la patate : plus de 680 photos et 3 heures de film partis, emportés par une SIMPLE PANNE D'ORDINATEUR, seuls des experts comme ceux du BEA pourraient éventuellement les récupérer ! Je n’ai RIEN sauvegardé, je me sens bête à BROUTER ! Bêêêêêêhh!!!

L’inconsolable aqveyli.

vendredi 6 avril 2012

Benoîte Groult: autobiographie d'une grande dame.


Benoîte Groult, une grande figure de notre époque. Elle aurait pu se complaire dans une vie bourgeoise bien tranquille, elle a fait de sa vie une longue marche dans la lutte pour la libération des femmes. Libérer les femmes des jougs coutumiers, politique, psychologiques, religieux ... qui les emprisonnaient et les emprisonnent encore. Car les vieux carcans idéologiques ont encore une assise très forte, partout dans le monde. Et plus particulièrement dans le monde musulman. Le passage que je vous livre, un entretien avec Josyane Savigneau, a trait à cette pratique horrible et inhumaine héritée de cette énorme supercherie planétaire qu'est l'islam, qu'il a lui-même hérité de pratiques sauvages d'un autre âge: l'excision. Si la réserve naturelle de Benoîte Groult l'empêche de s'en prendre de manière directe à la secte mahométane, elle nous parle avec son coeur et ses tripes de cette torture sortie tout droit du cerveau malade d'un guru psychopathe dont une des obsessions récurrentes, avec la haine des Juifs, est l'abaissement de la femme pour en faire juste un objet sexuel au service exclusif du mâle dominant, hissant à un degré inouï le dédain vis-à-vis des femmes, les rabaissant au rang d'animal et soupçonnées de toutes les tares et de tous les vices de la terre, uniquement parce qu'elles sont FEMMES.
Elle n'oublie pas non plus de s'en prendre aux « blancs » et à ceux qu'elle appelle « les prétendus sociologues » qui ferment les yeux pour ne pas voir les horreurs, en se persuadant hypocritement qu'ils ne doivent pas interférer dans « les coutumes des autres ». Même dans les situations les plus insupportables, Benoîte Groult sait nous gratifier aussi de sa petite pointe d'humour rafraîchissante. Un très grand merci, Madame!

Quelques extraits, qui vonr rappeler des souvenirs à mes amis norvégiens Jug Urten et Kaci Hamadi.


« [...] En fait, si j'ai voulu aborder ce problème, c'est parce que le monde des femmes, en Afrique et dans les pays arabes, c'était, c'est encore le monde du silence. On trouvait bien de-ci de-là quelques reportages de journalistes ou d'« explorateurs » sur ce qu'ils qualifient de « pittoresque coutume ». Mais le souffrance, l'asservissement physique et moral que représente cette pratique étaient toujours passés sous silence.
Je me souviens d'avoir lu à l'époque, dans une luxueuse revue d'Air France, la description d'une de ces « cérémonies d'initiation » en Haute-Volta (qui ne s'appelait pas encore Burkina-Faso), affirmant sérieusement que l'opération avait pour but de « parfaire la féminité des adolescentes ». En somme, on accroîtrait la féminité en rasant un organe spécifiquement féminin! Suivait un article où le même journaliste s'indignait du scandale des pauvres chiens abandonnés chaque été en France. Et personne ne s'interrogeait sur le scandale des enfants mutilés, car personne ne se souciait d'aborder un sujet aussi dérangeant et ... indécent!
Il est inexact de dire que les journalistes et les anthropologues étaient indifférents. C'est pire: ils étaient méfiants. S'ils se défendaient de toute compassion, de toute dénonciation de cette coutume, c'est que partout les hommes ont eu peur de toucher au rapport Hommes/Femmes. Là-bas, sous prétexte de respecter les coutumes; ici, parce qu'eux-mêmes n'ont pas réglé leur contentieux avec les femmes. Beaucoup de faits scandaleux sont ainsi restés ignorés, grâce à une immense conspiration du silence. On pense au viol, si longtemps nié ou dont on rejetait la responsabilité sur la victime; à l'inceste, aux femmes battues, à la pédophilie, etc. « Le silence est la forme la plus civilisée du génocide », écrivait Régis Debré dans Le Pouvoir intellectuel en France (1).
Plus subtile et plus néfaste encore a été l'argumentation des ethnologues qui furent cités comme témoins dans les affaires d'excision ayant entraîné la mort d'enfants dont a eu à connaître la justice française. Leurs arguments – respect des traditions locales, droit à la différence culturelle – ont conduit les juges, au début, à acquitter les prévenus. Pourtant, cette conception qui se targuait de respecter les ethnies (au point d'avoir été admise dans un premier temps par SOS-Racisme), conduisait à des dérives inquiétantes: l'idée que les droits humains puissent varier selon le sexe, la race ou la religion est, comme l'apartheid, une forme de racisme. Ce fameux DROIT à la différence était, pour les femmes mutilées, un DEVOIR de différence, le contraire d'une liberté. Si l'on considère les petites filles africaines comme égales aux nôtres, on doit les protéger également, quelle que soit leur couleur, contre toute atteinte à leur intégrité corporelle, et contre toute forme de torture (Article 3 de la Convention européenne des droits et les libertés fondamentales).
D'ailleurs, ce prétendu respect des traditions africaines, même les plus nocives, n'étouffaient les scrupules de personnes quand il s'agissait d'imposer aux peuples d'Afrique des « valeurs » autrement moins humanistes, telles que l'économie de marché, la monoculture aux dépens des cultures vivrières ou l'urbanisation à outrance.
Par une sorte de culpabilité d'anciens colonialistes, ce que Pascal Bruckner appelait « le sanglot de l'homme blanc », certains sociologues ou prétendus tels, ont même été plus loin. « L'exérèse génitale », comme ils disent sans frémir, aurait son intitulé: « L'enfant des pays civilisés, ignorant ce cheminement, semble avoir beaucoup de mal à franchir les diverses étapes de son existence. Loin d'aliéner l'individu, l'initiation l'aide donc à franchir les stades de son évolution sans heurts et sans refoulements. » (Robert Arnaud).
A signaler à nos thérapeutes: la clitoridectomie, facteur de santé mentale! Il faut préciser que sur ces cent millions de femmes et de petites filles mutilées, dans près d'un quart des cas, l'excision se double d'une garantie supplémentaire: l'infibulation ou « circoncision pharaonique (2) ». Elle consiste en l'arrachement des petites et grandes lèvres et la suture du sexe, aboutissant à une monstruosité anatomique, un espace lisse marqué d'un bourrelet cicatriciel rigide, ne laissant qu'un orifice unique et minuscule pour le passage de l'urine et du sang menstruel. On imagine les douleurs pendant la cicatrisation, les jambes liées durant trois semaines pour assurer la soudure du sexe; les douleurs lors des règles et lors de la pénétration par l'époux au soir des noces. Et les douleurs lors des accouchements, qui nécessitent une réouverture de la vulve puis une nouvelle suture pour assurer au mari un organe « propre ». J'ai assisté, avec Micheline Pelletier-Lattès, lors d'un reportage à Djibouti pour F Magazine, à cette terrible intervention. La toute jeune épouse – elle avait quinze ans – accouchait pour la première fois, mais elle pria l'obstétricien de la recoudre « bien serré » après l'accouchement, selon le désir de son mari. Le médecin de l'hôpital de Djibouti, un Français, se résigna à ce bouclage, sachant bien que la polygamie, les mauvais traitements ou la répudiation sanctionneraient toute insubordination.
Toute la vie sexuelle des femmes se déroulera ainsi, sous le signe du couteau ou de la lame de rasoir, « l'absurde clitoris », organe inutile à la reproduction et sans intérêt pour le plaisir du mari, ayant été effacé. Visiblement, il ne s'agit plus là d'une « initiation », mais d'une fixation masculine démentielle sur le sexe féminin qu'il importe de réduire à sa plus simple expression.

Les ratages opératoires, tels qu'hémorragies, septicémies, tétanos, fistules, faisant communiquer l'urètre avec le rectum et transformant la victime en infirme à vie, ne sont pas rares. Mais ils ne pèsent rien au regard du but recherché: « Calmer le tempérament de nos négresses » (dixit Yambo Ouologuem, malien licencié en philosophie et auteur du Devoir de violence). Il est vrai que cette pratique est souvent déclarée illégale aujourd'hui, mais elle a été recommandée, lors de l'indépendance, par de nombreux pays. Jomo Kenyatta, par exemple, en prenant le pouvoir, l'a rétablie le jour même de l'indépendance du Kenya.
(Josyane Savigneau) : - Vous avez résumé dans un paragraphe d'Ainsi soit-elle, toute l'horreur ressentie en découvrant cette torture: « On a mal au c... n'est-ce pas, quand on lit çà? On a mal au coeur de soi-même, on a mal à sa dignité d'être humain, on a mal pour toutes ces femmes qui nous ressemblent et qui sont détruites. Et on a mal aussi pour tous ces imbéciles d'hommes qui croient indispensable d'être supérieurs en tout et qui ont choisi pour cela la solution la plus dégradante pour les deux sexes: rabaisser l'autre. » Comment expliquez-vous qu'une coutume aussi désastreuse et aussi répandue semble n'avoir pas été dénoncée par les femmes et combattue par elles plus tôt?
- Il s'agit encore une fois de la grande conspiration du silence que nous avons évoquée. Tout se passe comme si l'oppression des femmes ne relevait pas du problème global de l'exploitation des plus faibles, mais exprimait seulement la manière qu'a chaque peuple de mettre « ses femmes » à la place qu'il leur a choisie. En fait, la société patriarcale - et elles le sont toutes – considère chaque femme comme la propriété de chaque homme, et son « champ génital », comme dit le Coran. Napoléon ne disait pas autre chose dans son Code civil! Si cette coutume a pu durer depuis tant de siècles, c'est parce que personne n'en parlait (3). Tous ceux qui savaient avaient choisi de se taire. Et que peut faire un esclave qui se croit congénitalement fait pour être esclave? [...]

1.      Publié chez Ramsey, en 1979.
2.      Ainsi nommée, car elle est décrite dans un papyrus trouvé en Haute-Egypte et datant de deux mille ans avant Jésus-Christ. Quatre-vingts pour cent des femmes sont infibulées au Soudan, en Ethiopie, à Djibouti, etc.
3.      Le professeur Minkowski fut un des rares à apporter son concours à nos actions.

 
Benoîte Groult, Mon évasion, autobiographie, édition Grasset & Fasquelle, juin 2010. N° ISBN: 978-2-253-12804-5
 
Disponible en Livre de Poche, n° ISBN: 978-2-253-12804-2

Atlantide, simple fable géographique ?

A) Une histoire qui fascine
Les hypothèses concernant l'Atlantide sont innombrables, pourtant il ne pourrait s'agir que d'une simple légende. On a situé cette légende un peu partout dans le monde: de Santorin à … l’Australie, en passant par l’Afrique du Sud, les Andes, Bimini et les Açores. C'est dire si l’on a écrit sur le sujet, bien souvent en partant d’indices complètement farfelus! D'autres y mélangent les légendes de d’Antinéa, la Tin-Hinan des Imazighen, avec celles de KonTiki Viracocha et de Quetzalcoatl ou bien nous parlent d’Hyper-Borée. Bref, des milliers et des milliers de personnes, pas toujours des scientifiques, se sont attachés à cette histoire et nous ont laissé des récits et des conclusions pas toujours crédibles et parfois même délirantes. Pour ce qui ne pourrait être finalement qu'un simple récit allégorique ?
La fascination actuelle pour l’Atlantide commence en 1912, par une vaste supercherie : Paul Schliemann, petit-fils d’Heinrich Schliemann, le découvreur de la fameuse Troie de l’Iliade. Il déclare avoir retrouvé, parmi les affaires de son grand-père, un plat en métal portant une inscription en phénicien : « Don du Roi de l’Atlantide, Cronos ». Le coup d’envoi d’une formidable quête commence. C‘est véritablement une course folle à travers toute la planète, à la recherche de ce continent disparu. D’autant qu’il semble bien acquis que ce continent ait bien existé : 2 manuscrits, l’un au Musée de Londres et l’autre conservé dans un monastère tibétain et datant tous deux de plus de 4 000 ans, l’évoquent clairement.

B) L’origine : le récit de Platon
Tout démarre avec un récit assez court, qui prendrait à peine une vingtaines de pages d’un livre de poche. Un récit qu’on doit au grand Platon. Le philosophe est adepte de l’allégorie, ses récits regorgent de symboles. Sachant cela de Platon, le doute s’installe : nous aurait-il livré un paradigme, sa propre vision d’un monde idéal et parfait ? A-t-il voulu simplement nous donner une leçon de morale ? Il nous le dit lui-même : « Ce récit, qui repose sur une ancienne tradition, est une histoire très étrange, mais certainement vraie ». Il ajoute : « le fait qu’il ne s’agisse pas d’une fiction mais d’une histoire vraie est d’un intérêt capital ». Il nous révèle également qu’il n’est pas l’auteur de « cette histoire véridique » et qu’il la tient de Critias, son oncle, tous deux élèves de Socrate. Critias la tenait lui-même de son grand-père Dropidès qui la tenait du génial Solon. La parole de cet immense législateur ne peut pas être mise en doute, il a une réputation bien établie d’intégrité et d’honnêteté. Le dernier doute semble donc levé ? Pas tout-à-fait, puisque Solon nous dit que l’histoire lui a été confiée à Saïs, l’antique cité du delta du Nil, par des prêtres égyptiens de la déesse Neith. Selon eux, cette histoire se serait déroulée 6 000 ans auparavant, sur « l’île de l’Atlantide ». Voila donc l’unique indice : les Egyptiens connaissaient l’existence des Atlantes, et en bons scribes méticuleux, ils en avaient conservé le récit, alors que les Grecs avaient tout oublié.
Mais Platon n’a pas fait que reproduire scrupuleusement le récit de Solon, il l’a aménagé à sa manière de philosophe pour en faire une bonne leçon de morale, adressées à Athènes. Son histoire n’a donc pas la rigueur d’un récit historique, ce n’est d’ailleurs pas le style du bonhomme. Mais est-elle pour autant une simple allégorie ? C’est aujourd’hui la conclusion qui est le plus souvent retenue par les scientifiques.

C) Localisations
Localisations de l’Atlantide : Açores, Santorin, Crète, Sardaigne, au large de Chypre, Pays Basque, mer du Nord, Suède, Islande, Egypte, Libye, Tunisie, Sahara, Maroc, Afrique du Sud, Gibraltar, Pays Basque, Suède, Spitzberg norvégien, Groenland, Sibérie, Caucase, mer Noire, mer de Marmara, île de Socotra, désert de Gobi, Tibet, Chine, Inde, Ceylan, Pacifique, Andes péruviennes et boliviennes, Amazonie, Mexique, Etas-Unis, Haïti, Bimini, jusqu’en Antarctique, et bien sûr l’Atlantique. Et bien d’autres lieux encore. On y a aussi collé pour faire bon poids quelques uns des mystères non résolus (Stonehenge, les statues-menhirs de Corse, la Puerta del Sol de Tiahuanaco, les Lignes de Nazca, le Chandelier des Andes), on a volontairement ou non confondu la Thula (ou Tula) des Olmèques avec la mythique Thulé hyperboréenne. Pour finir, on a même envisagé des hypothèses extraterrestres. Et une fois de plus, les Histoires andines, mexicaines et égyptiennes ont allègrement été mélangées, dans un esprit pas toujours très scientifique.
Tout cela nous donne un mythe qui ne prouve qu’une chose : l’imagination n’a pas de limites.

D) Nombre d’ouvrage sur l’Atlantide : entre 20 000 et 25 000.

E) Citation :
"En ce temps-là, on pouvait traverser cette mer Atlantique. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez les colonnes d’Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies".
"[…] Or, dans cette île d’Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux".

Extrait de : Timée (Platon).

jeudi 29 mars 2012

Les Tarasques du Michoacan


Pour oublier un peu l'islam et "l'islamisme".


Le « royaume » tarasque qui, à l’arrivée des Espagnols, occupait une partie très importante de l’Etat actuel de Michoacan, aurait été primitivement beaucoup plus étendu. Malgré plusieurs tentatives, les Aztèques ne parvinrent pas à vaincre cette puissante peuplade.

Les Tarasques (1), ou Purepecha, sont maintenant répartis dans de très petits îlots de l’Etat de Michoacan : une région lacustre et une zone montagneuse. Plusieurs de leurs villages, qui abritent néanmoins une forte population métisse, bordent le lac de Patzcuaro : Tzintzuntzan, Ihuatzio, Santa Fé de la Laguna, Erongaricuaro ; d’autres sont construits sur sur les cinq petites îles au milieu du lac, dont la principale est Janitzio. Treize villages et quelques « ranchos » sont bâtis dans l’étroite vallée de Cañada, longue d’une dizaine de kilomètres. Mais c’est sur les hauts plateaux volcaniques de la Sierra tarasque, couverts de forêts de conifères, que se trouve le plus fort pourcentage d’Indiens parlant la langue ancestrale.

L’origine et la langue des Tarasques posent encore bien des énigmes aux chercheurs. Leur idiome, qui n’appartient à aucun des nombreux groupes linguistiques connus du Mexique, présent quelques similitudes phonétiques avec certaines langues péruviennes. D’ailleurs, la maîtrise des anciens habitants de Michoacan dans le travail du cuivre et des métaux précieux, ainsi que les ressemblances entre certains de leurs objets d’orfèvrerie et de céramique (2) et ceux des cultures précolombiennes du Pérou, évoquent la possibilité de contacts et d’échange avec ces contrées lointaines.

La source essentielle – sinon unique – des informations que nous possédons sur les usages et les coutumes des anciens Tarasques est la Relacion de Michoacan (3) écrite en castillan vers 1539 sous la dictée de notables indiens. D'après ce document, au moment où les Tarasques arrivèrent dans la région lacustre de Patzcuaro, où ils s’établirent, ils n’étaient encore que des chasseurs nomades comme les tributs nordiques des Chichimèques. Leur ancienne culture présente d’ailleurs des analogies avec ces tribus de langue nahuatl.

Les Tarasques pratiquaient les sacrifices humains et le « cannibalisme » rituel et adoraient de nombreuses divinités stellaires, en particulier l’Etoile du Matin, messagère du Soleil. Le Feu, Curicauéri, fut sans doute le dieu le plus ancien et le plus vénéré des Tarasques. Ses prêtres devaient chaque jour couper du bois pour allumer le feu sacré, privilège qui était considéré comme un honneur, même par le roi.

Le Feu et le Soleil étaient les divinités les plus importantes avec la vieille déesse de la fertilité, Cuerapauéri, « Mère de tous les dieux de la terre ». Cuertapauéri s’incarnait parfois dans le corps d’hommes ou de femmes qui étaient ensuite immolés car « on disait que la déesse les avait elle-même choisis pour être sacrifiés. Quant au culte de la déesse lunaire, Xaratanga, (4) qui faisait germer les plantes, il semble aussi dater d’une époque très reculée ; son trésor était conservé en un lieu qui lui avait été dédié, sur une des îles du lac de Patzcuaro. On lui offrait des cailles et des canards et les premiers fruits de la terre ; la Vierge qui conserve quelque uns des attributs de cette ancienne déesse reçoit de nos jours encore une partie de ces offrandes.

Après la fin tragique de Tenochtitlan, les Tarasques offrirent spontanément leur soumission à Hernan Cortès qui envoya des émissaires pour prendre possession de leur « royaume », au nom de la couronne espagnole.

L’auteur de la Relacion nous rapporte la curieuse manière dont ces Indiens jugèrent tout d’abord les Européens. Ils appelaient les Conquistadores « tuchupacha »c’est-à-dire dieux, et « teparacha », grands hommes et pensaient qu’ils étaient immortels. Plus tard, « ils les appelèrent chrétiens et disaient qu’ils étaient venus du ciel, lesq habits qu’ils portaient, ils disaient que c’étaient des peaux d’hommes, comme celles dont [leurs prêtres] se revêtaient durant les fêtes » ; ils appelaient leurs chevaux « des cerfs » et croyaient que « les crinières étaient des postiches ; … que les chevaux parlaient et que, lorsque les Espagnols les chevauchaient, les chevaux leur disaient de quel côté ils devaient aller ».

Malgré leur soumission pacifique et l’accueil favorable qu’ils avaient réservé aux Espagnols et aux missionnaires, les Tarasques subirent néanmoins une courte période de vexations et de cruautés quand, en 1529, Nunan Beltran de Guzman (5) traversa leur pays lors de son expédition militaire pour la conquête du Nord-Ouest du Mexique. Le dernier roi ou « caltzontzin » de Michoacan, Sintzicha Tangaxuan II, fut assassiné par l’impitoyable conquérant assoiffé d’or et de richesses. L’accusation de trahison que les Espagnols portèrent contre lui ne fut vraisemblablement qu’un subterfuge pour masquer leur vrai but : s’emparer du « trésor » qu’il avait, selon eux, intentionnellement caché. Après l’avoir soumis aux tortures les plus ignominieuses, Guzman ordonna « qu’on le fit trainer vivant attaché à le queue d’un cheval » puis il fut étranglé et son corps brûlé. Quelques fidèles vassaux recueillirent ce qui restait de ses cendres et en enterrèrent une partie à Patzcuaro. Ainsi périt le dernier souverain des Tarasques ; la nouvelle de sa mort emplit son peuple de tristesse et de crainte.

 

Mais la providence envoya aux habitants de Michoacan l’une des figures les plus pures et les plus intègres des apôtres du Nouveau Monde, Vasco de Quiroga (6).

 

D’après Le Mexique des Indiens, Marino Benzi, éditions du Chêne.

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tarasques 

(2) http://motscles.lemondeprecolombien.com/index_42.htm

(3) http://mansioniturbe.blogspot.fr/2011/08/la-relacion-de-michoacan-una-obra-que.html

(4) les rites tarasques anciens, pour les hispanophones http://etzakutarakua.colmich.edu.mx/proyectos/relaciondemichoacan/indices/indiceDioses2.asp?letra=x&pagina=1 

(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Nu%C3%B1o_Beltr%C3%A1n_de_Guzm%C3%A1n

(6) http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0003-9659_1967_num_23_1_2628_t1_0235_0000_2